N'en déplaise aux
grognards de tout poil, la longue série continue. Cette fois-ci, elle n'émane pas d'une décision ou déclaration politique, mais plutôt de son absence.
Quelques réflexions sur l'actualité amènent des conclusions simples. Si nous parlons de « courage politique » en opposition au salon de thé, montrons-en un exemple, armés d'un raisonnement simple et bassement cartésien.
Même si tout cela est relativement candide, Napoléon Bonaparte avait coutume de le dire :
Impossible n'est pas français.
De l'énergie cinétique.
Plus communément connue sous le principe suivant :
« Toute action amène une réaction. »
C'est toujours via ce principe que les événements se déroulent à travers le monde.
Ceci est fait sans tomber dans le sentimentalisme le plus primaire, en « plussoyant », comme il est coutume de dire sur Internet, la déclaration de J.M. HAREL du Nouveau Centre.
Cependant, je n'irai pas jusqu'à étendre le débat sur la Seine-Maritime, je me contenterai de ne parler que de la ville du Havre, et
d'autre part, sans critique aucune, je ne souhaite pas et n'espère pas : j'appuie simplement de quelques réflexions sans perdre l'ensemble des avancées législatives récentes.
Voici ce que l'on peut déduire de la décision de suppressions de postes sur le site de Renault SANDOUVILLE :
Le Havre en chiffres :
Taux de chômage (2005) : 11,8%
Revenu moyen des ménages : 13 537 €/an
Population (2004) : 184 000 habitants
Points soulevés :
A cela, plusieurs actions de bon sens s'imposent immédiatement :
* Renault Sandouville n'est-il pas un patrimoine local ?
Comme le souligne J.M. HAREL avec raison, l'industrie automobile est un fleuron industriel incontournable qui profite à la ville du Havre, tant sur le plan des emplois que sur celui de la manne économique qui revient à la ville sous quelconque forme.
* Il n'est pas décent de la part des syndicats de recourir au chantage social, même si les « drames humains » d'une réorganisation sont malheureusement une réalité indéniable : le misérabilisme n'est pas une méthode constructive pour amorcer un dialogue, ni pour présenter une image de lutte d'avant-garde. C'est un cul de sac au regard des négociations entre le patronat et les salariés.
* Il est à peu près aussi inélégant que de faire une telle annonce une semaine avant les « vacances générales » de l'usine de Sandouville. Cette annonce était-elle accompagnée d'un vœu d'agréables vacances à l'encontre d'une équipe sur deux supprimée non encore désignée ?
* A. RUFENACHT, dans les quotidiens de la semaine passée, annonce ses intentions dans la presse locale de mener un plaidoyer. Nous ne
pouvons qu'être d'accord sur la forme. Il doit être effectivement mis en place, mais certainement pas en ce qui concerne 2012, du moins, dans un premier temps. C'est une forme de résignation qui
n'est pas acceptable.
En 2012, il sera trop tard pour amortir des impacts négatifs, et peut-être même trop tard pour une aggravation des « symptômes » actuels pouvant mener à l'anéantissement total du site.
Nous ne savons que trop bien ce que signifie « remettre à demain ce que l'on peut faire le jour-même ».
Le parallèle est simple et la politique doit être en adéquation avec les slogans.
Fleuron de l'emploi et de l'économie : fiers d'être Havrais.
* Qu'attend donc l'état pour s'exprimer sur ce chiffre ?
Je vous rappelle qu'il est actionnaire du titre à hauteur de 15%. Donc, vous, moi et les élus qui nous gouvernent.
Un référendum d'initiative populaire est-il à demander au parlement, tout en sachant les chances qu'il a d'aboutir ? Quel délai cela prendrait-il de le lancer ?
Attend-t-on que les employés restants travaillent plus pour gagner plus ?
Un actionnaire a des droits de regard sur ce que l'on fait de « son » entreprise, il est grand temps d'ouvrir une porte sur le domaine social du projet gouvernemental. En tant que contribuables, nous avons notre mot à dire.
Que reste-t-il des promesses du Nicolas SARKOZY « candidat incarnant la protection des démunis, de ceux qui souffrent, des victimes, et tutti quanti » ?
A ce jour, aucune déclaration du gouvernement ne semble avoir été relayée par la presse sur ce sujet. Il est peut-être occupé dans les plus hautes sphères pour, encore une fois, délaisser les promesses du candidat de « tous les Français ».
*Que peuvent coûter 1000 emplois ?
Salaire net :
Comptons 1600 euros primes comprises (le salaire moyen en France étant de 1500 euros).
Multiplions par deux pour compter les charges : 3200 euros.
Multiplions par 12 pour un salaire annuel : 38 400 euros.
Multiplions par 1000 employés : 38 400 * 1000 = 38,4 millions d'euros.
Additionnons environ 10 millions pour des frais divers CE ou autre, et nous arrondissons le tout à 50 millions d'euros.
Au regard de ce que pourrait coûter ces employés, le chiffre d'affaires est en hausse de 2,3%, ce qui représente environ 500 millions d'euros sur les 21 milliards annoncés. Cette masse salariale théorique constituerait environ 10 fois moins d'argent que le bond théorique du chiffre d'affaires. En admettant que le chiffre théorique des économies de salaires puisse être additionné audit bilan, il ne relèverait le chiffre d'affaires que de 0,1% supplémentaire.
* Ce qui nous renvoie à une évolution du chiffre d'affaires à 2,4%, ce qui est bien loin d'être satisfaisant par rapport au sacrifice demandé à la région.
En toute logique, nous pouvons être sûrs qu'au moins 18% des actionnaires (l'état français plus les employés du groupe) sauront se satisfaire de seulement ces 2,3%. De plus, le titre n'a pas connu un bond significatif à cette annonce, au contraire.
En admettant que cette « économie » puisse être doublée, vous ne pouvez que constater que le débat ne change que peu : les démonstrations mathématiques sont inépuisables au regard d'un chiffre aussi important que cette progression de 500 millions d'euros.
Un ami me disait dernièrement qu'il était pour l'économie de marché.
Oui, certes, moi aussi. Mais pourquoi devoir payer un tel prix pour un résultat si maigre au final ?
Le choix est-il stratégique ? Je n'y crois curieusement pas.
Alors concluons. Même si ce chiffre n'est aucunement le chiffre final, et qu'il n'est que pure supposition, il laisse un goût amer en bouche, car il est tout de même envisagé. Une perte de 100 emplois aurait certainement moins choqué, mais là nous parlons de plus de 25% d'un très gros site.
La grogne qui va monter n'est bonne pour personne. Pour ceux qui ne travailleront plus, tout comme pour ceux qui ne pourront pas aller travailler faute de grèves paralysantes, c'est un fait :
Nous en avons un avant-goût dans la presse locale du 31 juillet 2008 reportant un mouvement de grève du 30 du même mois, bloquant la zone industrielle une partie de la matinée et de l'après-midi. D'après les représentants syndicaux, le chiffre des pertes de postes monte à 5000 si l'on compte la sous-traitance.
« Admettons... », répondrais-je avec cynisme, nous ne sommes plus à ça près.
Sachant qu'enfin, il n'existe actuellement pas d'alternatives d'emplois locaux à ce plan inique. Je le répète, 4 ans au regard de
l'échelle humaine : d'une c'est trop long et de deux au terme de cette durée, le paysage politique global sera, je l'espère, différent :
Que l'on nous démontre enfin que l'hyperactivité du président de la république actuel a un sens positif en faveur de la « France d'en bas ».
Sources :
ANNONCE PRESSE LOCALE
http ://www.lehavrais.fr/2008/07/renault-sandouv.html
DONNES SUR LE HAVRE
http ://www.journaldunet.com/management/ville/ville/donnee/1214/le_havre/
ETUDE DES CHIFFRES DE RENAULT
http ://fr.news.yahoo.com/rtrs/20080724/tbs-france-renault-resultats-7318940.html
ANNONCE RENAULT SUPPRESSION DE POSTES
http ://fr.news.yahoo.com/afp/20080724/tts-automobile-emploi-social-prev-c1b2fc3.html
RENAULT
http ://fr.wikipedia.org/wiki/Renault_(Groupe)
PLASTIC OMNIUM
http ://plastiques-caoutchoucs.com/Plastic-Omnium-passe-a-trois-sites,410
http ://archives.lesechos.fr/archives/2001/LesEchos/18364-110-ECH.htm
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Magee D. dans Comment Carlos Goshn a sauvé Nissan ?
(lien du cnam sous prénom)
...pour Renault Vallée de Seine, on va voir se débloquer des fonds Européens pour la restructuration et la revalorisation des zones industrielles.
....je crois savoir que les boîtes d'intérim vont embauchés pour septembre des tripotés de "chargé de prospection" sur la zone économique CCI & Caux.
nb : je n'ai toujours pas vu d'articles de ce blog sous cozop, le réseau social des blogs. C'est une belle plate-forme pour parler du Havre.
nb2 : Pour les Havrais, la caravane UMP est demain à la plage :))) vous faites ce que vous voulez de cette info.
De Postulat à Lien du CNAM sous prénom, il fallait y voir un extrait de Magee.
Je voulais surtout mettre en relief les objectifs de la méthodologie de Goshn depuis sa prise de fonction au sein du groupe Renaullt-Nissan.
Ce qu'il a fait avec Nissan, il le répète avec Renault.
Un large sourire pour te parler de social, et un grand couteau pour s'en mettre plein les poches.
Pour la coordination de la CCI Locale, je n'y crois malheureusement pas. Tout va s'effectuer de Rouen et de son agglomération: les responsables du SGAR, du Conseil Régional et de l'OPCAReg ne viennent au Havre que pour la Photo souvenir. Ou pour donner des subventions à des formations qui ne servent à plus grand chose à la zone économique de l'Estuaire de Seine.
....à la CCI&Caux, il y a de plus en plus d'Entrepreneurs multi-culturels alors que les structures régionales et leurs représentants en charge des formations veulent toujours conserver un système de Patrons-"les gars" mono-culturé. Dommage pour nous.
Ou tant mieux :)) je serais content de voir les entrepreneurs de l'Estuaire de Seine et les élus locaux se regrouper pour aller enfin cogner sur les socialo-libéraux Fabuisiens rouennais qui continuent de bien nous faire chier sur l'agglo.