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Dimanche 10 août 2008

Par WL - Ecrire un commentaire
N'avez vous pas remarqué que la violence fait partie intégrante de notre quotidien?
Tout les grands événements ont toujours été en majeure partie mus par des ondes de choc, sous quelconque forme que ce soit, même s'ils étaient cachés par une courtoise très urbaine et hypocrite, forme préférable à l'actuel spectacle malsain.

Le bénéfice du doute nous permettait encore hier de nous sentir convenablement insérés dans une société qui pouvait à tout moment nous correspondre, de quelque manière que ce soit.
Seulement, il semble maintenant que l'on lâche la bride, en nous livrant des récits de "batailles politiques sanguinaires" que ce soit dans l'hémicycle ou ailleurs, armés de propos et d'actes tous plus écœurant les uns que les autres, révélant la nature bestiale de certains, à peine voilée. De l'appât du gain pour certains à la promesse de confort pour d'autres (selon le camp d'origine des déserteurs), on se permet de s'essuyer allègrement le postérieur avec la démocratie "représentative" en règle générale.
Concernant le vote de la dernière réforme (*), il n'est pas blâmé son contenu, mais l'évocation des manigances étrangement menées à "ciel ouvert ", sans réserves aucune.
Maintenant, quant à savoir si les citoyens se trompent de colère, nous ne devons effectivement pas négliger le miroir déformant qu'est le relai médiatique français.

Poussons cependant le raisonnement un peu plus loin:
En exagérant un peu, il y aurait très bien pu avoir un vote pour le rétablissement de la peine de mort (ou tout autre opinion très controversée) qui se soit passé de la même manière: c'est dans la façon dont les choses sont faites ouvertement que les médias (et à fortiori les français) manifestent et traduisent: une sorte de  république néo-barbare et anthropophage. Appuyant sur ces "faits", toutes les "théories de conspiration" se révèlent être bien plus crédibles.
C'est une agression conquérante, ni plus ni moins: le plus fort utilise tout ses moyens pour étouffer toute controverse en écrasant les figures de proue adverses, le tout en souriant de défiance face au grand public. Si le geste en est inévitable et commun dans le domaine de la finance et des affaires -et c'est tout à fait naturel et admissible dans le système concurrentiel où évolue notre économie-, nous ne pouvons pas capitaliser la politique d'état sous forme d'OPA agressives, sans émettre de réserves l'impact de la manœuvre, convenons-en.

Mais, à vrai dire, cela n'est plus tout à fait neuf. Nous nous y sommes habitués, plus encore dernièrement, face au comportement de la bulle politique, d'une façon générale.
Auparavant, nous ne connaissions que l'extrême droite ou l'extrême gauche, aux thèses faciles pour engager des propos et des discours enflammés et violents, que ce soit dans un sens ou dans un autre.
Mais présentement, force est de constater que la peste se répand. Nous y sommes exposés au quotidien via la grande majorité du paysage politique.
De "la France qu'on aime ou que l'on quitte" de P. DE VILLIERS (c'est bien de lui à l'origine au corps défendant du président de la république actuel),  au "karcher" de N. SARKOZY, en passant par la "colère saine" de S. ROYAL, le lynchage quasi unanime de J. LANG, et, encore dernièrement, l'icône de la "grand-mère porteuse" sous les traits de N. MORANO, rien ne nous est épargné.
Le programme actuel de certaines figures emblématiques politiques, ce n'est jamais que de la provocation, violence à l'état à peine larvé:
Du choc, du télescopage frontal, du pathos brut de décoffrage: ça fait vendre dans le registre sensationnel dans ce qui se nommait autrefois la "presse à scandale", et qui se nomme aujourd'hui "quotidien".
Nous ne retenons actuellement que les tours de force des politiques, de moins en moins subtils. Moins subtils que le "monopole du coeur" et la simple appellation d'un "monsieur le premier ministre" en guise de petite calotte humiliante. La guerre est maintenant ouverte et peu importe ce que l'on fait, le principal réside dans l'agressivité des protagonistes.
Selon Freud, "La joie de satisfaire un instinct resté sauvage est incomparablement plus intense que celle d'assouvir un instinct dompté". Nous en mesurons l'exactitude sans commune mesure.

S'il ne s'agissait que de quidams, tout cela irait tant bien que mal sans que personne ne s'en soucie. Après tout, c'est aussi notre pain quotidien. Cependant, un politique est censé opérer dans le registre de la "raison", et non pas du "pathos". La construction de la rhétorique politique actuelle s'amenuise et nous passons tout de suite dans le registre le plus direct, le plus efficace, mais certes pas le plus sécurisant pour la masse.
De plus, nous savons éperdument qu'aucune construction viable ne peut se faire sur des ruines ou des faux-semblants, le rappel à la raison n'en sera que plus dur après l'absence actuelle de discussions constructives.

Si l'on se documente un peu, il est de citer Erich FROMM, dont le livre "La passion de détruire – Anatomie de la destructivité humaine" nous livre le mécanisme de "l'agressivité fonctionnelle" soit disant "bénigne".
Ce serait, selon lui, cette forme "d'agression défensive" répondant au "désir", qui ne serait qu'un instrument permettant d'atteindre un but très personnel. Elle est entre autre liée à l'avidité poussée à son comble, non curable par le biais de la société de consommation qui peut subvenir à presque tout, sinon à d'inavouables desseins.

Sur un autre plan, paradoxalement, on s'achète de plus en plus bonne conscience en votant des lois réductrices disciplinaires et iniques. On sent le vent du conservatisme nauséabond souffler sur la terre de France à vitesse grand "V".
Dernièrement en ligne de mire, les "graisses" qui coûteraient cher à la sécurité sociale. Il n'y a plus qu'à lâcher les législateurs, et le prix de nos produits laitiers typiquement normands s'envoleront encore au dessus de ce qui est actuellement pratiqué, un prix déjà inadmissible. Mais chaque chose en son temps, ce projet de loi est ignoré, pour le moment. Il reviendra en force quand le reste des options sera éliminé.

Plus sérieusement on peut se croire en plein cœur d'un film de F.F. COPPOLA pour ne pas le citer. D'ailleurs en parlant de citer, laissez-moi vous rafraîchir la mémoire concernant ce film:
"Je vais te faire une proposition que tu ne pourras pas refuser. "

Même si cette citation est évoquée depuis très longtemps sur un ton de plaisanterie, elle plane dans la tête de certaines petites frappes désireuses de se tailler un bout de la rue... ou du banc de la cour de récréation politique.
C'est l'argument idiomatique ultime utilisé par une poignée de sensationnalistes et de sociopathes, incapables d'accepter un véritable échange d'idées au cours d'un débat démocratique, fondement même de l'idée que nous avons de notre pays à la base.
Au lieu de cela, avec ce genre de maximes toutes faites, on l'oppose assez facilement à une démonstration de force autocratique, pratique très courante, et largement usitée par les mêmes individus pour pencher la balance en leur faveur quand les choses se gâtent, témoignage indubitable d'une totale perte de contrôle: Pourvu qu'ils n'arrivent jamais jusqu'à l'autorité nécessaire pour appuyer sur le bouton rouge!
Enfin, si cette violence n'est pas récente, elle n'en est pas moins plus manifeste. Ce genre de comportement public (et privé, mais même si l'on en sait, on en sait peu tout de même...) appliqué à la politique est des plus néfastes. Plus de stratégie ou de programme, tout réside dans l'anéantissement de l'autre: La différence manifeste entre la guerre tactique et la frappe nucléaire. Et les exemples ne manquent pas, même au sein de la même meute politique, on en recense volontiers quelques cas.
Bien des façades veulent afficher la respectabilité qui n'est cependant pas en stock dans l'arrière-boutique, et cela est bien trop évident pour ne pas être nié.

Pendant ce temps, certains essayent d'être critiques et constructif, afin d'avancer un tant soit peu(**). Cela se fait bien entendu, dans l'indifférence des "grand leaders" aux vues toutes personnelles.

Le paysage politique est de plus en plus scabreux...
... mais pendant ce temps, dans la France d'en en bas, on trinque toujours.

W.L.



SOURCES

* :qui ne peut ne pas être tout à fait négative, je l'admet
http://www.francedemocrate.info/spip.php?article559

** : Bien tenté, mais certainement peu écouté.
http://www.lepoint.fr/actualites-politique/moscovici-depuis-5-6-ans-le-ps-n-a-pas-produit-une-idee-nouvelle/917/0/265349
Publié dans : Chroniques De Wilfried
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Commentaires

Wilfried

La violence est intégrée dans la société ( on parle ennemi, terrorisme, guerre, violence dans les flims, mort dans les accidents, viols, tous ce qui peut faire vibrer les ames fragiles ou vicieuses)
Ou parle t on de réussite, de concertation, de paix???

Citation d'hubert VEDRINE " l'herbe qui pousse n'intéresse pas.".... le commerce"
Commentaire n°1 posté par confiance le 19/08/2008 à 23h26
 
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